Question
écrite au Secrétaire d'Etat à la
Mobilité sur l’augmentation des redevances pour la pratique de sports aériens.
André
FREDERIC :
Les sports aériens sont plus que jamais menacés dans notre pays en
raison de la décision récente de la Direction Générale du Transport Aérien (la
DGTA). Celle-ci vient en effet de changer totalement de vision par rapport aux
redevances pour les services rendus aux pratiquants de ces sports. Les
débutants et les pilotes confirmés doivent payer une série de redevances à la
DGTA, pour l'obtention et la revalidation de documents tels que licences,
examens médicaux, qualifications diverses, etc. La DGTA souhaite maintenant
équilibrer à 100 % le coût de ces services par une augmentation drastique des
redevances prévues, sans faire la moindre distinction entre les sportifs
amateurs et les compagnies aériennes commerciales. Concrètement, cette décision
entraînera des hausses allant de 100 à 500 % et même de nouveaux types de
redevances. Un candidat pilote devra donc débourser pas loin de mille euros
uniquement pour des frais administratifs, rendant l'accès à ces sports
particulièrement difficile. Les ateliers d'entretien aéronautique sont
également visés par ces augmentations, mettant ainsi leur rentabilité en péril.
Au risque de voir de plus en plus de clubs, de pilotes et même d'ateliers opter
pour une délocalisation, il est essentiel d'agir pour limiter ces
augmentations.
1. Partagez-vous mon analyse ?
2. Trouvez-vous acceptable que la DGTA soit seule juge et partie et
s'arroge un monopole d'État en décidant ces augmentations ?
3. Ne serait-il pas envisageable de prévoir un gel des tarifs actuels en
attendant une nouvelle étude de cette problématique qui tiendrait compte de
l'avis des parties intéressées ?
4. Une différentiation claire ne doit-elle pas être faite entre
l'aviation récréative et l'aviation commerciale?
Le Secrétaire
d’Etat :
Etienne Schouppe, secrétaire
d'État : L'arrêté royal qui règle les indemnités de la DGTA date d'il y
a huit ans et doit par conséquent être adapté. A cette fin, une étude préliminaire
a été menée par un consultant. Le 18 décembre 2008 et le 5 février 2009, une concertation
avec les groupements concernés, dont l'Aéroclub Royal de Belgique, a été menée
à propos du nouvel arrêté royal. Ces associations ont reçu un délai de quinze
jours pour réagir. L'aviation commerciale sera consultée dans un avenir proche.
Il existe une différence entre une taxe et une indemnité. Cette dernière
vise à compenser des
coûts exposés, conformément aux directives de l'Organisation de l'aviation
civile internationale. Elle
doit avoir un rapport coût-efficacité correct, être non discriminatoire et avoir
fait l'objet d'une concertation.
Il faudra alors encore opérer un choix entre une externalisation des
coûts à charge du contribuable, une internalisation à charge de l'utilisateur
ou un système mixte. Par arrêté royal, 40 % des coûts de la DGTA sont à présent
à charge des usagers du transport aérien et le reste est à charge du Trésor.
Dans le nouvel arrêté royal, les coûts seront à charge de l'utilisateur, à l'exception
de l'« overhead ». L'objectif de l'adaptation des
tarifs proposés était de tenir compte des tarifs internationaux et d'éviter
certains excès.
J'estime qu'une éventuelle délocalisation en raison d'indemnités trop
élevées constitue un réel problème, qui n'est d'ailleurs pas uniquement dû aux
tarifs mais aussi à la gestion politique et à la réglementation. La
professionnalisation à la demande de l'Europe engendre de plus en plus d'obligations
techniques, administratives et financières dans le secteur de l'aviation
civile. Je ne souhaite dès lors pas introduire globalement des tarifs
supérieurs à ceux appliqués à l'étranger.
En ce qui concerne l'aviation sportive, la DGTA est toujours disposée à
examiner des solutions de rechange durables. Nous souhaitons en tout cas trouver
un juste milieu.