Bruxelles, le 16 septembre 2008
Question écrite de
Monsieur Frédéric, Député fédéral, à Mme Onkelinx, Vice-première Ministre et
Ministre de la Santé publique,
concernant « la
vente hors comptoir de certains médicaments ».
Madame la Ministre,
On parle de plus en plus d’une
éventuelle ouverture de la vente des médicaments à prescription facultative à
la grande distribution. Certains de nos voisins européens ont déjà fait ce
choix (Italie, Pays-Bas, Portugal).
Alors que les grands distributeurs
plaident pour cette « libéralisation » de la vente du médicament et
annoncent un bénéfice net pour le consommateur via une baisse des prix, on peut
douter de la pertinence de cet argument. Les distributeurs belges n'ont effectivement
certainement pas l'envergure commerciale nécessaire pour peser sur les
politiques tarifaires des laboratoires pharmaceutiques et n’auront donc pas la
capacité de faire baisser durablement les prix des médicaments.
Au-delà de la question du prix, une distribution
des médicaments hors pharmacies changerait profondément la nature de la
relation entre les personnes et le médicament. Le pharmacien distribue un
médicament pour répondre au besoin d'une personne, les grandes surfaces recherche la vente de masse. Ces systèmes
commerciaux sont profondément différents et la nature même du rapport de la
société au médicament serait profondément bouleversée.
La présence de médicaments dans les
grandes surfaces entretiendrait également une confusion très regrettable entre
médicament et marchandise. On peut également redouter un développement
considérable et dangereux de l'automédication et de ses effets secondaires.
On craindre le développement de la
surconsommation médicamenteuse déjà considérable dans notre pays. Seuls les
pharmaciens, après de longues années d'études, sont en mesure d'évaluer ce
danger et d'informer les consommateurs.
Les pharmacies ne sont pas des
commerces comme les autres. Elles interviennent dans le champ de la santé.
Elles sont à ce titre sous le contrôle du SPF de la Santé publique.
Aussi, Madame la Ministre, je
souhaite connaître vos intentions en matière de distribution des médicaments
hors comptoir.
Sans remettre en cause la valeur
ajoutée du réseau pharmaceutique de notre pays, quelles mesures permettraient
également de rencontrer l’objectif d’amélioration du pouvoir d’achat des
citoyens qui peinent, pour certains, à payer leurs factures de
médicaments ?
Je vous remercie.
André Frédéric
Député fédéral