Question de M. André Frédéric à la vice-première ministre et ministre de l'Emploi et de l'Égalité des chances sur "le paiement des allocations de chômage" (n° 4594)

 

André Frédéric (PS): Madame la présidente, madame la ministre, j'ai une question très pratique.

 

On sait que l'arrêté royal du 25 novembre 1991 concernant le paiement des allocations de chômage permet au comité de gestion de l'ONEm de décider, lorsqu'il y a des jours fériés ou des ponts en fin ou en début de mois, qu'on puisse verser aux chômeurs leurs allocations de chômage avant la fin du mois. Bien que cette dérogation existe, on constate qu'elle est très rarement et malheureusement utilisée.

 

Ainsi, un grand nombre de familles socialement défavorisées doivent attendre – c'était encore le cas lors des week-ends de fête – le 2, le 3, le 4, voire le 5 du mois pour percevoir leurs allocations de chômage, ce qui entraîne, vous vous en doutez, des difficultés financières mais aussi une obligation pour les services sociaux d'intervenir souvent en situation d'urgence.

 

Ma proposition est très simple: ne devrait-on pas faire en sorte que cette dérogation soit automatique de façon à ce que les gens perçoivent leur argent nécessaire, systématiquement à la fin d'un mois?

 

Madame la ministre, je vous remercie pour votre écoute.

 

Joëlle Milquet, ministre: Monsieur Frédéric, l'article 161 de l'arrêté royal du 25 novembre 1991 précise que le comité de gestion peut autoriser le paiement des allocations de chômage avant la fin du mois lorsqu'il y a des jours fériés, des ponts, etc. En général, les allocations sont payées en début de mois, au plus tard le quatrième jour du mois, ce qui est considéré comme conforme aux règles en vigueur.

 

Chaque année, le comité de gestion de l'ONEm établit une liste qui reprend les mois pour lesquels le débit anticipé des comptes des organismes de paiement est autorisé en application de l'article 161.

 

Au cours des 5 dernières années, le comité de gestion a autorisé le paiement anticipé des allocations de chômage pour six mois en 2003, trois mois en 2004, six mois en 2005, six mois en 2006, quatre mois en 2007 et six mois en 2008. Je pense que le mois de mai devait être compris dans cette liste. Six mois, cela représente tout de même un mois sur deux. Le tout est de voir si les paiements ont été effectués selon la liste car elle n'est pas obligatoire. Cela dépend peut-être des différentes caisses.

 

La législation est donc utilisée. Faut-il encore élargir? On en arriverait alors à la généraliser. Un problème important se pose et c'est la raison pour laquelle nous devons rester prudents: un paiement avant la fin du mois peut parfois comporter des risques de paiement indu lorsque la personne a, en fin de mois, déjà repris le travail. C'est donc pour éviter des remboursements partiels que l'ONEm considère qu'il faut rester prudent et limiter cette possibilité là où elle est nécessaire.

 

Dans la mesure où il y a eu six mois cette année, cela me semble correspondre à une application tout à fait correcte et adéquate de la législation de la part de l'ONEm. Mais je ne sais pas comment cette liste est suivie sur le terrain.

 

12.03  André Frédéric (PS): Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse qui est un élément très concret: six mois sur douze en 2008. Cette réponse pourrait être satisfaisante si elle n'était pas complètement dissonante de la réalité de terrain.

 

La difficulté réside peut-être dans les caisses de paiement qui ne mettent pas directement en œuvre les recommandations, puisqu'il n'y a pas de caractère contraignant à cette décision du comité de gestion de l'ONEm, si j'ai bien compris. Je me demande donc s'il n'y aurait pas intérêt à investiguer. Mon but n'est pas de polémiquer mais d'améliorer un système pour faire en sorte que les gens aient leur argent en fin de mois plutôt que le 5 ou le 6.

 

Je suis président de CPAS aussi et donc confronté à ce problème via des demandes d'intervention d'aide urgente pour ces quelques jours. Cela me semblerait tellement simple à régler. Entre le calendrier mis en œuvre et la réalité, d'après des associations syndicales, il conviendrait d'investiguer pour découvrir le hiatus.

 

L'incident est clos.