Question d’André Frédéric au vice-premier ministre et ministre
de l'Intérieur sur "la nouvelle législation sur les armes et sur la
gestion des autorisations par les provinces"
André Frédéric (PS): Ma collègue a
donné un maximum d’indications sur cette loi de 2006 sur les armes. Cette loi,
qui a fait l’objet de modifications et de débats, a été votée quasiment à
l’unanimité à la veille des vacances d’été.
On sait que dans ces
modifications les autorisations sont désormais à durée indéterminée mais que tous
les 5 ans le gouverneur d’initiative doit vérifier si les personnes sont
toujours dans les conditions d’autorisation et s’ils remplissent toujours bien
ces conditions.
On a noté que, et on l’a
abordé ce matin avec le ministre de la justice, qu’il y avait un retard
important dans la province de Hainaut. A votre avis, est-ce aussi le cas dans
d’autres provinces ? Suite à l’adoption de la loi réparatrice, quelles
sont les mesures d’accompagnement qui ont été et qui seront mises en place par
vos services avant que les demandes d’autorisations soient traitées dans le
délai voulu par la loi ?
Le
département compte-t-il engager du personnel pour les fêtes de fin d'année
2008-2009? Pourriez-vous déjà nous donner l'évaluation sur l'application du
nouveau système informatique de traitement des demandes d'autorisation? En
concertation avec votre collègue de la Justice, une circulaire sera-t-elle
envoyée aux services des gouverneurs? Je persiste à dire que ceux-ci, en
fonction des provinces, et les zones de police, en fonction des zones de
police, adressent des messages à la population dans les sens les plus divers.
Je ne suis pas un
passionné des toute-boîte, mais j'ai pu remarquer dans chaque sous-zone, les
informations à l'égard de la population sont complètement différentes. Un
minimum de clarté est nécessaire. Nous sommes à la veille de devoir statuer sur
le fait de pouvoir garder une arme à titre de détenteur passif. Des gens ont
déjà été méchamment floués en la matière. En effet, ceux qui ont respecté la
loi et qui ont remis leur arme se voient dans l'impossibilité de récupérer
leur(s) bien(s), alors que ceux qui l'ont "volontairement"
abandonnée, parfois sous la menace peuvent récupérer les leur(s). Le ministre
de la Justice se disait, ce matin, intéressé par cette possibilité de
clarification. Voilà, monsieur le président, ma question au ministre de
l'Intérieur responsable!
Patrick Dewael, ministre: Je ne suis pas le seul responsable,
monsieur Frédéric ! Ce sont les commissaires du gouvernement selon les
compétences de chacun!
Monsieur le président,
sur la base des chiffres demandés aux provinces, environ 27% des demandes
introduites dans le cadre des divers processus de base auraient été traités à
la date du 1er août 2008. Je vous remets un aperçu de la situation
arrêtée à cette date pour l'ensemble des provinces.
La province du Hainaut
est celle qui doit faire face au nombre le plus élevé de demandes. Au 1er
août dernier, seul 12% des demandes ont été traités par le Service provincial
des armes.
En ce qui concerne les
délais de traitement des dossiers, le Service d'armes de la province du Hainaut
distingue les dossiers "nouvelles
acquisitions" qui sont traités en priorité. Le délai moyen est de dix mois
et le délai maximum est de 18 mois.
En ce qui concerne les
dossiers "renouvellement", le délai se compte en années, mais les
intéressés n'en subissent pas de conséquences négatives. Les services d'armes
du Hainaut quantifient assez difficilement l'arriéré des dossiers, mais
relèvent notamment comme raison l'insuffisance du personnel en place.
En effet, selon une
étude réalisée par mon administration, des personnes supplémentaires devraient
être affectées à ce service. Selon nos renseignements, aucun courrier n'est
envoyé à l'occasion du renouvellement prolongeant le délai. Pour de plus amples
informations, je vous invite à questionner le
ministre de la Justice.
Je
tiens à récapituler les démarches entreprises par le SPF Intérieur depuis
l'entrée en vigueur de la loi.
1. Les 50 agents (11 de
niveau A, 39 de niveau C) octroyés par le Conseil des ministres du 7 juillet
2006 sont tous entrés en service le 1er octobre 2006 auprès des
gouvernements provinciaux.
2. Pendant les mois de
vacances 2007 et 2008, environ 150 étudiants jobistes ont été engagés et
répartis dans les différentes provinces.
3. Le système de suivi
concernant les permis en matière d'armes est déjà installé dans les provinces
du Limbourg et du Brabant flamand. Dans les provinces du Brabant wallon, du
Hainaut et d'Anvers, on s'y attèle. Les
autres provinces s'y consacreront plus tard dans l'année, voire en 2009. Une
évaluation serait donc prématurée.
Aucun étudiant jobiste
n'est engagé pour la fin de l'année 2008/2009. Le SPF Intérieur procède à
l'engagement de jobistes uniquement pendant les mois d'été. En outre, il
convient d'évaluer si l'engagement d'étudiants est souhaitable dans les
services d'armes provinciaux. Les étudiants peuvent aider à encoder des
dossiers mais non pas à les traiter sur le plan du contenu.
Je tiens à souligner que
la législation sur les armes concerne une matière qui relève des compétences du
ministre de la Justice. Pour les directives de fond et circulaires données aux
gouvernements provinciaux, je renvoie à mon collègue de la Justice.
André Frédéric (PS): Monsieur le ministre,
je vous remercie pour votre réponse. Certes, la matière relève principalement
de la compétence du ministre de la Justice mais le ministre de l'Intérieur a
quand même quelque chose à dire au niveau des gouverneurs.
J'ai demandé au ministre
de la Justice que soit organisée une réunion urgente avec les membres de son
cabinet qui traitent ce dossier. Partageant ce souci d'urgence, il a été
proposé que cette réunion se tienne peut-être demain déjà, voire dans quelques jours.
Si cela devait se confirmer, il me semble important qu'un membre du cabinet de
l'Intérieur soit présent de façon telle à coordonner le travail à réaliser dans
l'intérêt de nos concitoyens.
Pendant
les négociations sur le budget, j'ai fait une demande de renfort en personnel:
54 agents niveaux C et D. Il y a eu un avis négatif du Budget qui m'a demandé
de compenser leur engagement. Je ne peux pas le faire. Si on vote des lois et
qu'on demande aux provinces de les exécuter, il faut prévoir du personnel
complémentaire. À ce moment-là, je peux faire ce qu'on attend de nous avec les
gouverneurs. Ces lois proviennent du ministre de la Justice. Nous examinons à
présent comment nous pouvons nous en sortir mais il est trop facile d'attendre
quelque chose des provinces en comptant sur une compensation de l'Intérieur.
C'est impossible sans causer des préjudices dans d'autres domaines.
L'incident est clos.