Commission de
l'Intérieur, des Affaires générales et de la Fonction publique
4 juin 2008
Question orale au vice-premier ministre et ministre de
l'Intérieur sur "les intempéries en province de Liège"
André Frédéric (PS):
Monsieur le ministre, tout le monde a pu se rendre compte de la violence des
intempéries de la semaine dernière et ce n'est manifestement pas terminé.
Des orages violents
ont éclaté en province de Liège et, dans une moindre mesure si j'ai bien vu à
la télévision , dans la province du Limbourg que vous connaissez bien. Vous
avez pu constater le drame auquel les populations locales ont été confrontées
puisqu'en peu de temps des quantités énormes de pluie sont tombées. On medisait que c'est la deuxième fois sur le siècle qu'il en
tombait autant.
C'est extrêmement
interpellant d'un point de vue climatique mais aussi, à très court terme, d'un
point de vue humain. La situation des gens qui se retrouvent avec des caves
inondées, des bâtiments endommagés et parfois des accidents familiaux pose
problème.
La grosse question
qui est sur toutes les lèvres et c'est normal est celle de savoir si,
au-delà des interventions des assurances, le fonds des calamités va pouvoir
intervenir. On a entendu toute une série de réflexions populaires que je ne peux
contester. "Quand il y a des catastrophes à l'autre bout de la planète,
cela va vite mais quand le fonds des calamités doit intervenir en Belgique,
c'est plus lent". Je ne partage pas automatiquement le propos mais je peux
comprendre.
Dès lors ma question
est très simple. En fonction des relevés effectués par les
services d'étude hydrologiques de la Région wallonne, avec des précipitations
de plus de 55 litres par mètre carré, voire parfois même plus de 100 litres, il
me semble que les critères pour l'intervention du fonds des calamités devraient
être remplis.
Monsieur le
Ministre, allez-vous reconnaître le caractère de calamité naturelle à ces
intempéries et dresser la liste des communes concernées dans un délai bref ?
Lequel?
Allez-vous appuyer
les initiatives régionales pour faciliter le traitement des dossiers qui seront
très certainement nombreux ?
Patrick Dewael, ministre: Monsieur le président, cher collègue, dès
le lendemain des intempéries, j'ai demandé au gouverneur de province de
rassembler les informations nécessaires au lancement d'une procédure de
reconnaissance. L'Institut royal météorologique pourra ensuite effectuer une
analyse ciblée des données disponibles et définir avec précision les zones
touchées par un phénomène exceptionnel, au sens de la circulaire du 20
septembre 2006 qui fixe les critères de reconnaissance d'application.
Mes services
procèderont alors à la rédaction d'un projet d'arrêté royal à soumettre au
Conseil des
ministres. Après signature par le Roi et publication au Moniteur belge, les
sinistrés disposeront d'un délai de trois mois à dater du mois qui suit celui
de la publication pour introduire une demande d'intervention auprès du
gouverneur de province.
Tant au niveau
provincial qu'au niveau de l'administration centrale, le maximum sera fait pour
faciliter l'introduction des dossiers des sinistrés. Des instructions existent
d'ailleurs à cet effet et toute initiative régionale s'intégrant dans ce cadre
sera la bienvenue. Il convient toutefois
de relever que depuis l'entrée en vigueur de la loi du 15 septembre 2005, ce
sont les assureurs, à
l'exclusion du fonds des calamités, qui sont appelés à indemniser la majorité
des sinistrés ordinaires pour leur maison d'habitation et leur contenu.
Le nombre de
sinistrés susceptibles d'obtenir une indemnisation du fonds des calamités sera
donc beaucoup plus réduit que par le passé, le fonds n'intervenant plus que
dans les cas spécifiques, par exemple les dommages agricoles et les cas
sociaux.
Selon les données en
ma possession, je ne peux que conclure que les services d'incendie de la
province de Liège ont mis tout en oeuvre afin de
fournir de manière adéquate l'assistance
nécessaire aux sinistrés compte tenu des moyens et des effectifs disponibles.
En outre, ces
services d'incendie ont été assistés par la protection civile dans les communes
suivantes: Villers-l'Évêque, Awans, Crisnée et l'entité de Fooz. La
protection civile est également intervenue à Seraing, à Jemeppe-sur-Meuse, Angleur, Ougrée et Tilff. J'ai également donné
ordre à mes services de faire une évaluation approfondie des évènements mais
ceci nécessitera un certain délai.
André Frédéric (PS):
Je remercie le ministre pour sa réponse.