Commission de l’Intérieur
du 4 février 2009
Question au ministre de l'Intérieur sur "le
financement des services incendies"
André
Frédéric (PS): Monsieur le ministre, cela fait un an et demi que nous avons
voté cette loi-cadre réformant la sécurité civile.
Sur le terrain, elle continue à susciter un certain émoi auprès des services
d'incendie professionnels mais surtout volontaires. Là où les choses
fonctionnent bien aujourd'hui, on a l'impression qu'elles
risquent de moins bien fonctionner demain. Je ne reviendrai pas sur cet
historique.
Mon
groupe politique et moi ne contestons pas cette réforme bien nécessaire pour permettre à nos services
d'incendie d'être plus performants.
La
question qui est lancinante et pour laquelle il nous semble qu'il va falloir
atterrir est le problème des surcoûts que cette réforme risque d'engendrer.
Dans
sa note de politique générale, votre prédécesseur avait déclaré ici-même qu'il
n'y aurait pas de surcoûts ou qu'ils seraient supportés par le fédéral.
Ensuite, dans sa note de politique générale 2009, il a indiqué que l'intervention
du fédéral dans le financement des services allait progressivement atteindre
50%, instaurant de facto une parité entre le niveau local et le niveau fédéral.
À ce jour, nos localités supportent toujours près de 90% des dépenses en
matière de
services d'incendie, comme l'indique l'Union des villes et communes wallonnes,
dans un article récemment publié.
Les
villes et les communes doivent assumer la crise financière et les difficultés.
Il y a des rentrées qui n'arriveront pas dans les caisses. Les zones ont été
définies, en grande majorité, au Conseil des
ministres de vendredi dernier, je pense. En ce qui me concerne, j'exprime mon
insatisfaction concernant le sort réservé aux communes de Plombières,
Welkenraedt et Baelen, communes
limitrophes de la Région germanophone pour lesquelles l'avis du Conseil
national, dans lequel je siège, n'a pas été suivi.
Monsieur
le ministre, avez-vous déjà une première estimation des coûts qu'engendrera la
réforme des services d'incendie? Quand pensez-vous que le fédéral arrivera à sa
quote-part de 50% dans le
financement de ces services?
Guido
De Padt, ministre: Monsieur Frédéric, comme vous l'avez
indiqué, la taille définitive des zones de secours est connue depuis le 29
janvier. L'analyse et le contrôle des données financières
récoltées par le biais de la circulaire de mon prédécesseur ainsi que les
données recueillies quant au personnel des services d'incendie sont en cours.
Ces informations couplées aux résultats des
simulations obtenues par le biais du logiciel d'analyse des risques permettront
prochainement de réaliser une première évaluation des coûts financiers. Il
convient toutefois de noter que celle-ci devra être affinée à mesure que les
arrêtés d'exécution je pense au statut et aux normes minimales verront le
jour.
L'article
67 de la loi du 15 mai 2007 relatif à la sécurité civile traduit l'engagement
de l'État fédéral d'investir davantage dans la sécurité civile. L'apport de
l'autorité fédérale dans les zones de secours doit, à terme, égaler celui des
autorités communales. Il va de soi que l'effort financier nécessaire pour
atteindre ce rapport de 50-50 sera étalé dans le temps en fonction des moyens
budgétaires disponibles.
André
Frédéric (PS): Monsieur le ministre, je vous remercie pour cette réponse assez
globale qui nous reporte dans le temps, puisque vous dites qu'on tendra vers le
50/50 en fonction des
disponibilités budgétaires. Vous nous faites également savoir que nous pourrons
prochainement évaluer les coûts de manière plus précise. J'attire toutefois
votre attention sur le fait et je le fais en toute modestie que j'entends
de plus en plus de réactions. Celles-ci ne sont certainement pas limitées à ma
région. En tout cas, à l'est de la Belgique, les bourgmestres grondent car ils
ne recevront pas les dividendes comme prévu. Ils se posent des questions
fondamentales sur la capacité qu'ils auront encore à gérer les communes demain.
Au-delà des personnes sur le terrain qui se demandent à quelle sauce elles
seront mangées demain, il y a vraiment une urgence d'aboutir sur le sujet. Nous
ne demandons pas une évaluation pointue ou au cent près.
Monsieur
le ministre, je ne tiens pas à vous ennuyer. Je sais que vous venez d'arriver
mais vous n'allez pas pouvoir vous contenter de dire, pendant des mois, qu'une
évaluation sera affinée et qu'on en saura peut-être davantage dans les
prochaines semaines.