Commission
de la Santé du 29 janvier 2008
Question au
ministre des Pensions et de l'Intégration sociale sur "les aides octroyées dans le cadre du Fonds
mazout"
André Frédéric (PS): Monsieur le président, monsieur le ministre, ma
question sera très concrète et très brève. Nous avons suivi l'évolution du débat sur l'élargissement
du Fonds mazout, un combat que nous avons amené au Parlement. Vous êtes arrivé
à conclure très rapidement un accord au sein du gouvernement, dès sa mise en
place, et nous nous en réjouissons. Ce parcours un peu chahuté peut cependant
nous donner l'impression que les gens ont très bien intégré les nouvelles
données techniques qui permettent l'expansion du Fonds. Je ne veux pas
transformer en généralité les expériences que j'ai eues sur le terrain
récemment, mais pas plus tard que la
semaine dernière, j'organisais une soirée sur ce thème et j'ai pu me rendre
compte que la grande majorité des présents, qui étaient donc intéressés par le
sujet, méconnaissaient totalement les dispositions qui avaient été prises.
Je me suis donc demandé si le gouvernement avait prévu une campagne
d'information et de sensibilisation, d'une manière ou d'une autre et mis à part
le mail adressé aux CPAS qui, en tant que président de CPAS, m'a semblé
difficile à appréhender, pour que chaque citoyen concerné puise bénéficier de
cet élargissement.
Une deuxième question qui n'a rien à voir avec cette information concerne
la réaction des CPAS. J'ai déjà été contacté par divers CPAS de ma région.
Selon les services sociaux, cette information étant incomplète, toute personne
supposant avoir droit à cet élargissement vient poser la question aux CPAS. A
contrario, de possibles bénéficiaires peu habitués à recourir aux CPAS risquent
de ne pas s'y rendre. Il y a aussi une inquiétude des services sociaux quant à
leur capacité à répondre à la foule de demandes qui risquent d'arriver. La
question qui en découle est très simple: les aides ponctuelles complémentaires
sont-elles envisagées pour soutenir ce surcroît de travail dans les CPAS? Je
vous remercie déjà pour votre réponse.
Christian Dupont, ministre: Monsieur le président, je remercie M.
Frédéric pour sa question qui me permettra de répéter ce qui a été fait.
Comme vous le signalez, une circulaire a en effet été envoyée aux CPAS.
Elle est relativement claire. À la fin de la circulaire, il est bien dit que
"les codes de l'avertissement-extrait de rôle auxquels vous référer pour
savoir si la personne est bénéficiaire ou non sont, selon qu'il est
indépendant, salarié, isolé ou non, les codes numéros untel, untel, etc."
Voilà qui me paraît être d'un traitement automatique.
Mais je ne dis pas qu'il n'y aura pas de problème sur le terrain; c'est d'ailleurs
pour cette raison que je suis allé très vite dans le CPAS qui octroie le plus
d'allocations chauffage en Wallonie, celui de Charleroi, et dans un CPAS qui en
octroie beaucoup en Flandre, celui de Beringen. Nous avons essayé d'étudier les
difficultés, les moyens de les pallier, les propositions.
Par exemple, Charleroi a mis sur pied une cellule avec un propre
"call center". Charleroi représente 3.000 allocations chauffage et
Beringen 800 pour une ville de 40.000
habitants.
Il convient aussi d'aller à l'information. Pour les particuliers, un dépliant a été réalisé et mis à leur
disposition. En outre, un numéro vert
est disponible; j'ai moi-même téléphoné hier au 0800/90929.
Puisque nous sommes entre nous, je peux vous dire que la réponse que j'ai obtenue n'était pas tout à fait
satisfaisante et j'ai fait corriger divers
éléments. Cependant, il était 17.45 heures et on répondait encore, ce qui n'est pas mal.
Une période d'adaptation sera évidemment nécessaire.
Il ne faudrait pas qu'on oublie que la mesure est profondément sociale et que, même si cette nouvelle mesure
génère un surcroît de travail, il faut
la mettre en oeuvre je ne vais pas dire coûte que coûte en faisant preuve de bonne volonté.
Il est évident que si l'opération ne marche pas ou si elle bloque, on peut deviner le sort qui sera réservé à cette
mesure dans le futur.
Je crois que nous avons rédigé la circulaire le plus clairement possible.
Il est vrai que ce n'est pas simple d'expliquer des choses complexes. Nous
sommes néanmoins allés au plus simple en indiquant au gestionnaire du dossier
que s'il ne comprenait rien, il suffisait de regarder l'avertissement-extrait
de rôle de la personne. Si c'est le code
2251 je le cite de mémoire; il y en a 8 ; c'est favorable pour le demandeur.
Par ailleurs, il y a un numéro vert et un folder. Il y a un moment où on ne
peut aller plus loin.
Plutôt que de se plaindre de la charge de travail supplémentaire ce qui
n'est pas faux , il faut se réjouir car c'est une belle mesure sociale qui va
permettre aux CPAS de répondre à un certain nombre de besoins des gens, ce dont
on vient de parler. Il faut se mettre dans cet état d'esprit.
Par ailleurs, sachez qu'il n'y aura pas d'aide complémentaire à celle qui
est octroyée pour l'instant.
Pour chaque dossier abouti, les CPAS reçoivent un dédommagement de 10
euros. Je peux vous dire que beaucoup de mes collègues du gouvernement estiment
que cette somme est importante. Quand j'ai répercuté la demande des CPAS en
disant qu'il fallait tenir compte du fait que cette mesure nécessitait un
travail social important je le reconnais car à Beringen, j'ai fait le
parcours de la demande jusqu'au paiement, ce n'est pas rien , je n'ai pas reçu
beaucoup d'écho.
Pour aider les CPAS, nous avons essayé d'informatiser l'ensemble des
flux. Pour la première catégorie, ils reçoivent un listing des bénéficiaires de
la Banque-Carrefour. Par ailleurs, dès que la demande est introduite, le calcul
de la prime à laquelle la personne a droit selon le prix qu'elle a payé se fait
automatiquement.
Nous pensons à simplifier au maximum la mesure, par exemple en disant
qu'il suffirait d'une seule décision du conseil de l'aide sociale pour
octroyer, une fois pour toutes, l'aide dont on sait qu'elle peut être fractionnée.
Les gens commandent parfois 500 litres à plusieurs reprises, par exemple. Nous
essayons d'identifier les personnes qui rentrent dans les conditions en début
de saison de chauffe. Une décision est alors prise et le paiement se fait au
fur et à mesure que les factures arrivent. Nous évitons ainsi un certain nombre
d'étapes.
Pour la prochaine saison de chauffe, nous aurons aussi informatisé les
flux de bénéficiaires. Cela n'a pas encore pu être fait. Nous travaillons dans
un temps très court puisque ces décisions ont été prises début janvier et
entrent en application le 1er février.
Je comprends qu'il y ait un peu d'inquiétude sur le terrain. C'est assez normal
lorsqu'on sait que le nombre de bénéficiaires va tripler. J'en appelle à la bonne
volonté de chacun pour faire en sorte que cette mesure fonctionne.
Il faut dire aux gens de ne pas se précipiter dans leur CPAS le 1er
février. Les CPAS ont 60 jours pour payer et si on vient le 1er février,
on risque d'engorger le système et cela ne rendra pas le paiement plus rapide
pour autant
Agissons en pédagogue auprès des gens. Pour notre part, nous le rappellerons
dans un communiqué de presse.
André Frédéric (PS): Monsieur le ministre, tout comme les travailleurs
sociaux que j'ai rencontrés, je suis heureux de la décision qui a été prise.
Simplement, ils attirent l'attention sur un problème très concret tout en
faisant preuve de bonne volonté.
Pour éviter de se trouver à l'avenir dans une situation dans laquelle il sera
très difficile de discuter avec vos collègues, moins sensibles à cette
problématique en raison d'un constat de semi-réussite ou de semi-échec, il faut
vraiment s'attacher à l'information.
Pendant que vous répondiez, j'ai interrogé quelques collègues afin de savoir
s'ils avaient déjà vu la brochure dont question, ce à quoi ils m'ont répondu
par la négative. Mais peut-être sommes-nous peu informés! En tout cas, il
serait intéressant de savoir comment cette information peut être concrètement
mise en place, non pas pour créer des besoins puisque les catégories sont
précisées, mais pour que les CPAS et les administrations aient accès à cette
information concrète et puissent la relayer auprès des citoyens.
Je ne demande pas une grande révolution! Je demande simplement que l'on
se donne les moyens de réussir une opération éminemment sociale et pour
laquelle nous nous sommes battus.
Christian Dupont, ministre: Cher
collègue, je partage votre préoccupation et en partie votre crainte.
La circulaire se trouve sur le site et elle est téléchargeable. Elle a peut-être
été imprimée et envoyée aux CPAS, mais je crains que ce ne soit pas encore le
cas. Je pense donc pouvoir dire qu'un effort doit être fait par les communes et
les CPAS pour les télécharger et les mettre à la disposition des gens qui
posent la question. Je sais que cela représente un certain coût. Mais cette
participation que je qualifierais de minimale est nécessaire si l'on veut mener
à bien l'opération.
Je répète cependant que je n'ai pas reçu d'information quant à son envoi
aux CPAS.
André Frédéric (PS): Elle n'a pas été envoyée. On a reçu le document en
format informatique. C'est le seul document qui nous soit parvenu.