Commission de l'intérieur, des affaires générales et  de la fonction publique du mercredi  16  avril  2008

 

Questions  de M. André Frédéric à la ministre de la Politique de  migration et d'asile sur "les problèmes  informatiques à l'Office des étrangers qui auraient  été à l'origine de la libération de personnes  arrêtées lors des perquisitions contre le PKK"

André Frédéric (PS): Madame la ministre, très brièvement il  me reste une question que j'ai déposée la semaine dernière au  point 38 de l'agenda. Elle est jointe à celle de M. Jeholet qui est
absent. Sa question est donc supprimée.

Je vais me permettre de la poser. Je suis conscient du fait qu'elle a  été déposée à 15.17 heures le 10 avril et qu'au même moment, vous  étiez interpellée dans une question d'actualité. J'ai bien écouté votre  réponse la semaine dernière. J'ai hésité à maintenir ma question mais  je l'ai quand même fait parce qu'entre-temps, il m'est revenu un  certain nombre d'informations contradictoires. Ma volonté n'est pas de  polémiquer sur le sujet, mais simplement de clarifier les choses étant  donné que la presse dit parfois n'importe quoi. Des perquisitions étant  intervenues dans la région verviétoise, mon arrondissement, je  trouvais assez normal qu'on puisse en tout cas faire le point aujourd'hui et se dire ensuite, définitivement, que le problème est  clair.

Tout et n'importe quoi a circulé en termes de nombre: 29 personnes  interpellées, trois mises à disposition de la justice, le reste relâché, et  puis les chiffres changeaient! Cela crée un trouble quand on dit qu'on  a été amené à perquisitionner, qu'on a interpellé des individus pour  les interroger et qu'on a dû les renvoyer, non pas parce qu'ils  n'avaient rien à dire mais parce que l'informatique de l'Office des  étrangers avait "foiré" et qu'on ne pouvait rien faire d'autre que de les  libérer.

Je respecte totalement la séparation des pouvoirs et je ne vais pas  m'immiscer dans l'enquête. Il faudrait qu'on puisse dire clairement  aux gens si, oui ou non, il y a un problème informatique qui fait que,  demain, que ce soit dans le milieu proche du PKK ou dans n'importe  quel milieu, si on veut interpeller les gens et si la machine "foire", il  faudra les relâcher. Ce n'est pas très rassurant pour le public!

Pouvez-vous nous indiquer si les réponses techniques de la semaine  dernière sont confirmées?

A-t-on pris des mesures particulières à l'égard de l'Office des  étrangers et en particulier de son système informatique?

Annemie Turtelboom, ministre: Monsieur le président,  comme je l'ai déjà expliqué au député M. Doomst en séance plénière  jeudi passé, cette action policière a effectivement été menée pour 37
sympathisants du PKK.

L'Office des étrangers n'a cependant été contacté que dans le cadre  de 5 dossiers et n'a donc dû vérifier que pour les dossiers en question  si ces personnes se trouvaient légalement dans le pays. En outre,  après avoir pris contact avec d'autres pays, il s'est avéré que 2 de ces  5 personnes séjournaient vraisemblablement légalement en  Allemagne et qu'une troisième d'entre elles était connue en France.  En d'autres termes, il ne s'agit pas d'un dossier de 37 personnes mais
bien de 5 personnes dont 3 étaient très probablement localisées en  Allemagne et en France.

Le système informatique de l'Office des étrangers n'était que  partiellement accessible du fait d'un déménagement planifié depuis  plusieurs mois. Dans cette situation, l'Office des étrangers a été dans  l'impossibilité de rendre une décision parce que les dossiers n'étaient  pas consultables. Le déménagement a en effet causé des  interruptions pendant moins d'un jour, en particulier du vendredi 15  heures jusqu'à midi le lendemain. Il s'agissait en l'espèce d'une  interruption unique et occasionnelle de l'accès aux fichiers.

Je souhaite cependant insister sur le fait que même si la banque de  données avait été consultée, l'Office des étrangers rapatrie dans un  centre fermé uniquement les personnes qui ont l'intention de rester  dans le pays. Or en l'occurrence, ce n'était pas le cas.