Commission de l’intérieur du 20 février 2008
Question orale M. André Frédéric au ministre de
l'Intérieur sur "la récente enquête
sur le stress à la police"
La grande enquête sur le stress dans les services de
police a montré que le stress n'y était
pas plus important, ni moins important,
que dans d'autres catégories professionnelles.
Il n'en reste pas moins que 30 % des
agents sont stressés au travail. Le stress est relativement fréquent chez près de 20 %
d'entre eux et c'est une maladie
chronique chez 4 % d'entre eux. 10 % se déclarent
victimes de harcèlement moral.
Je me suis moi aussi
intéressé à cette enquête auprès de
4.000 membres du personnel de la police
en avril-mai 2006 et dont nous venons de
prendre connaissance en février 2008.
On y relève 65% de
policiers non stressés, et 35% qui
ressentent du stress : 15% régulièrement, 17% souvent et 4% toujours ; 12% des personnes interrogées ont aussi déclaré s'être déjà
senties
harcelées au travail. Les causes sont diverses : manque de diversité, de feedback,
charge de travail, charge émotionnelle,
mentale et physique.
Avez-vous
des informations supplémentaires concernant
les conclusions de cette enquête ?
Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre pour améliorer le bien-être au travail et
réduire ce pourcentage de gens stressés
?
Malheureusement, ce
stress a provoqué à plusieurs reprises
des suicides de nos agents. Des mesures ont-elles
été prises par les autorités compétentes ?
Ministre Patrick Dewael : L'enquête a permis de collecter de nombreuses informations intéressantes. Un débat à ce
sujet peut être utile.
Au moment de
l'enquête, la police intégrée comptait environ
48.000 membres de personnel, ou 40.000 si
on exprime ce chiffre en équivalents temps plein et que l'on ne tient pas compte du personnel
dans la formation de base. Huit mille
questionnaires ont été envoyés et
environ 4000 ont été renvoyés, ce qui
correspond à un échantillon représentatif de 10 %. Les 8.000 personnes ont été choisies au hasard, mais avec une répartition sur la base
de sept critères pertinents.
Au niveau des
questionnaires renvoyés, les
néerlandophones et les officiers se sont
avérés légèrement sous- représentés. Pour arriver à une représentativité maximale, une pondération a été appliquée aux catégories.
Le fait qu'il ait
fallu attendre aussi longtemps les résultats
est lié à une série d'éléments que je
communiquerai par écrit à M. Doomst. Mais je dirai d'emblée que deux ans me semble un délai relativement normal pour ce type d'étude.
Chaque corps et
chaque direction sont libres de faire
usage de ces résultats. A partir du 1er avril, un questionnaire mis à jour sera disponible qui permettra de recommencer l'enquête. Le
principal objectif de cette enquête
était toutefois de connaître les
résultats et d'en tirer les leçons qui s'imposent.
Il y a pas mal d'éléments positifs dans ce rapport : une majorité des collaborateurs
de la
police sont satisfaits au travail, enthousiastes et motivés, les relations interpersonnelles sont bonnes
dans l'ensemble et les collaborateurs
sont contents de leur salaire. En outre,
le stress dans les services de police
n'est pas différent de celui dans d'autres
grandes entreprises. Cette enquête permet aussi de détecter des groupes à risques de stress, tels que les
services ayant des tâches
d'accueil. Elle nous donne des facteurs
de risque sur lesquels nous pouvons déjà travailler : charge de travail, charge
émotionnelle, feed-back ou
harcèlement moral.
Pour la police
fédérale, on prévoit de tenir compte des
résultats de l'enquête et d'inclure les dispositions
à prendre dans le plan national de sécurité
et le plan global de prévention. Nous pouvons
déjà intégrer des données dans les plans d'actions sur l'absentéisme, le leadership,
la gestion du stress, la communication,
la motivation ou la prévention du
suicide.
L'objectif de cette
enquête n'est pas d'en faire un outil de
la police fédérale ; les zones de police pourront l'inclure dans leur plan zonal de
sécurité ou dans des plans d'actions
internes préventifs ou réactifs.