Commission de l’intérieur

16 avril 2008

 

Question orale d’ André Frédéric au vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur sur "le retard mis à la mise en place de la commission d'accompagnement de  la réforme de la sécurité civile"

 

André Frédéric: Nous nous trouvons  dans une situation très particulière. Mon  intervention en tant que président de la commission  se veut plus une mise en garde qu'une question.

Je suis interpellé à la suite de la rencontre  organisée par le gouverneur. Mais lorsque j'interroge mes collègues, c'est le même leitmotiv :  les gouverneurs semblent mettre les bourgmestres  dans une situation de forcing comparable à l'achat  d'un « chat dans un sac ». Cela inquiète les bourgmestres et pourrait les  amener à faire de la résistance. J'ai eu une réunion  hier avec des bourgmestres de mon groupe  politique de la province de Liège ; ils disent leurs  craintes à l'égard des modalités de mise en oeuvre  de la réforme.

Sur base de quels critères modifie-t-on ces zones  de secours ? En quoi améliore-t-on la qualité de l'intervention ? En quoi tient-on compte des  recommandations du rapport Paulus ? À aucun  moment, les gouverneurs ne l'ont expliqué. On a  simplement dit que, dans tel quartier de leur  commune, ce n'est plus ce service-là qui intervient,  mais le service voisin, sans en donner les raisons.

En outre, les bourgmestres sont en droit de recevoir  un minimum d'indications sur l'incidence financière  de ces modifications.

 

Ces réponses sont insuffisantes par rapport à notre  volonté d'avancer et de construire à la suite de cette  loi que nous avons votée.  Un élément pourrait être mis en place, à savoir la  commission d'accompagnement de la réforme.  Nous l'avons voulue et inscrite dans la loi. Elle a  justement pour mission le calcul des coûts  supplémentaires, l'impact financier sur les zones,  etc. Cet outil va être mis en oeuvre ? Dans quel  délai et selon quelle procédure ?

Je me fais l'écho des inquiétudes de tous les  groupes politiques de ma province et je voulais  attirer votre attention sur ce point.

 

Patrick Dewael, ministre : Quoi qu'il arrive, nous devrons revenir sur cette  réglementation la semaine prochaine.

Je puis comprendre l'inquiétude des bourgmestres  mais cela ne doit pas, pour autant, empêcher la  mise  en oeuvre de certaines réformes indispensables. Il est toutefois impossible de faire aujourd'hui déjà des prévisions budgétaires à dix ou  quinze ans. Mais je puis conformer que nous avons  convenu qu'il ne doit pas y avoir de coûts  supplémentaires pour les communes et que nous  serons très attentifs au respect de ce principe. Je  compte à cet égard sur le respect des  bourgmestres.

Le statut doit encore faire l'objet de négociations. Les villes et communes devront répondre à leurs frais aux exigences syndicales,  même si je suis en faveur d'une augmentation de l'intervention du fédéral.

Donnons une chance à cette réforme. Il n'est pas possible de tout faire en même temps.

Il faudra voter chaque année une  augmentation des moyens. Je ne puis dès lors fournir de garanties.

Si une catastrophe avait lieu, nous  clamerions tous que la réforme doit être réalisée le
plus vite possible. Je propose à la commission de revenir la semaine  prochaine pour donner des détails. Après la loi-cadre que nous avons votée il y a un an et les neuf mois d'affaires courantes, il est temps d'avoir la volonté politique de rédiger les arrêtés d'exécution.

J'ai conscience que, dans plusieurs provinces, les gouverneurs n'ont pas pu donner toutes les réponses nécessaires.

Je rencontrerai les bourgmestres et les fédérations des sapeurs-pompiers pour convaincre les réticents.

Pour ce qui est de l'élément budgétaire, le budget alloué aux services d'incendie est en croissance en 2008. Il faudra continuer dans cette voie.

Au moment où la réforme a été votée, il y avait un engagement de tous les groupes politiques. Nous sommes tous demandeurs de services d'incendie plus performants. Quand j'ai pris cet arrêté royal, je savais que les gouverneurs seraient confrontés à des réactions virulentes. J'aurai des rencontres dans les semaines à venir et je vous donnerai davantage de renseignements la semaine prochaine.

La sécurité civile coûte très cher. Certaines communes ont beaucoup investi par le passé, d'autres pas. Il ne faut pas que les premières pâtissent de la réforme.

Nous évoquerons ce sujet plus avant la semaine prochaine.