Commission de
l’Intérieur
Mercredi 05-11-2008
Question orale au vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur sur
"la mise en ligne de données
André Frédéric (PS): Monsieur le président, je serai très bref.
Le journal "Het Laatste
Nieuws" n'étant pas ma lecture quotidienne, j'ai
réagi dès que j'ai appris les éléments mis en lumière aujourd'hui.
Si les informations divulguées sont exactes, il est inquiétant de constater
que des informations tout à fait secrètes sont si facilement accessibles. C'est
inquiétant pour les citoyens!
Si des informations aussi précieuses que celles-là, avec la liste des agents
de tous les pays, les unités d'élite, les numéros de téléphone, la contrefaçon
des cartes de police, les procédures pour solliciter un hélicoptère et les mots
de passe permettant d'accéder à des banques de données policières
internationales, étaient accessibles et si c'était une fiction policière, on en
rirait mais malheureusement, ce n'est pas le cas.
Je m'inquiète au regard des bases fondamentales de notre démocratie. Mes
questions sont très précises.
En ce qui concerne les journalistes, est-il vrai qu'une plainte aurait
été déposée à leur encontre alors que ceux-ci n'auraient en fait commis aucune
infraction sauf celle d'avoir visité un site auquel tous les citoyens avaient
accès ?
Pour en revenir aux données proprement dites, confirmez-vous qu'il était
bien possible il y a eu des modifications depuis d'avoir accès sur le site
de la police fédérale aux données qui ont été mentionnées?
Va-t-il être entrepris quelque chose pour sécuriser ces données ?
Pouvez-vous nous dire si cette mise en ligne de données confidentielles
est due à une erreur humaine ou à une erreur informatique ou les deux ?
J'aimerais y voir plus clair en la matière
Patrick Dewael, ministre:
J'attache une grande importance à ces
faits. L'enquête sur le fond est toujours en cours. Je dois me limiter dans mes
réponses à ce que m'a appris le rapport intermédiaire de la police fédérale.
Il y a eu intrusion dans les parties protégées
du site web en ce qui concerne la documentation notamment www.poldoc.be. Et ce
site web est accessible par le site chapeautant www.fedpol.be mais il n'y a pas
d'indication que la sécurité du site soit compromise. Un problème de sécurisation de www.poldoc.be a
facilité l'accès mais on cherche encore à déterminer si des fautes ont été commises. Il faut aussi nuancer les informations parues
dans la presse. Les données parues et visibles sur une partie protégée du site
web en question sont réservées à un usage interne mais elles ne sont pas à considérer
a priori comme une information secrète ou à caractère confidentiel. Les
informations classées secrètes ou à diffusion restreinte ne sont jamais
reprises dans les fichiers d'un site web documentaire poldoc. Il appartient à la
police de proximité de communiquer au sujet de l'identification des services de
police. Il importe que le citoyen sache à quoi ressemblent les cartes de légitimation
et les logos de police.
Bien que la partie sécurisée du site web comporte aussi des informations
techniques détaillées non publiques, il n'est pas du tout certain que ces
informations pourraient réellement servir à des personnes mal intentionnées.
La liste du personnel
n'est en effet pas destinée au public. Il y a eu des failles dans la sécurisation
en raison de problèmes techniques et cela fait actuellement l'objet d'une enquête
approfondie. La liste comporte des renseignements professionnels mais pas d'informations
privées sur des collaborateurs ni d'informations sur des policiers impliqués
dans des opérations sensibles. Il n'en demeure pas moins qu'il faut des garanties
pour que cela ne se reproduise plus.