|
Commission de l'Intérieur, des Affaires
générales et de la Fonction publique – 25 novembre
08 |
|
|
06 Interpellation et questions jointes de
- M. Claude Eerdekens au vice-premier
ministre et ministre de l'Intérieur sur "la réforme des services de secours
en province de Namur" (n° 197)
- M. André Frédéric au vice-premier
ministre et ministre de l'Intérieur sur "la délimitation des zones de
secours en province de Liège" (n° 8449)
- M. Maxime Prévot au vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur
sur "la réforme des services de secours en province de Namur"
(n° 8766)
06.01
Claude Eerdekens (PS): Monsieur le président, monsieur le ministre,
chers collègues, ce dossier de la réforme des services de secours en province
de Namur fait couler beaucoup d'encre. C'est probablement l'une des provinces
où la situation est la plus polémique.
En réalité, deux thèses s'affrontent: soit une zone monoprovinciale,
regroupant les trente-huit communes de la province, soit deux zones, dont une
regroupant dix communes du nord-est de la province y compris la ville de Namur,
capitale de la Wallonie, ces dix communes représentant 60% de la population.
Nous ne savons pas dans quelle direction nous irons. Nous sommes très
sceptiques – je parle ici en transposant la pensée de collègues faisant partie
du groupe des dix communes – sur la procédure mise en place avec une
consultation des bourgmestres.
Une courte majorité de seize bourgmestres est en faveur d'une zone
unique contre dix bourgmestres voulant deux zones dont une zone à dix communes.
Le gouverneur n'était pas en mesure de communiquer aux bourgmestres concernés
de chacune des communes des informations sur le coût de la réforme par commune,
que l'on soit dans l'hypothèse d'une zone monoprovinciale
ou dans celle de deux zones de secours. Or l'information est essentielle.
Demander aux bourgmestres de se prononcer sans disposer les uns et les
autres, qu'ils soient en faveur de l'une thèse ou de l'autre, d'une simulation
des coûts de la réforme envisagée, c'est acheter un chat dans un sac – pour
reprendre une expression populaire – et cela s'inscrit à contre-courant de la
publicité des actes de l'administration et de la transparence qui fait partie
de l'éthique de la gouvernance contemporaine.
Il nous est exprimé qu'un arrêté royal est en préparation.
Si deux zones sont déterminées en province de Namur, il y aura des
heureux et des moins heureux. C'est le choix de toute réforme mais elle sera
acceptée. En revanche, je dois constater qu'il y a une détermination, une radicalisation
des bourgmestres du nord-est (Namur, Andenne et d'autres) qui ne veulent
absolument pas de cette zone monoprovinciale et qui
en appellent au bon sens et à faire la réforme en deux temps. Peut-être que
dans dix, quinze ou vingt ans, les temps seront-ils mûrs pour une zone monoprovinciale mais pour l'instant, pour des raisons
diverses, dix bourgmestres – et pas n'importe lesquels, ils représentent 60% de
la province – plaident pour deux zones.
Monsieur le ministre, au travers de cette interpellation, ma question
est la suivante.
Pour quelle raison n'a-t-on pas communiqué et ne communique-t-on
toujours pas les simulations de la réforme, qu'on soit dans l'hypothèse d'une
zone monoprovinciale ou de deux zones? Ces chiffres
seraient-ils inexistants? S'ils n'existent pas, s'il n'y a pas de simulation
des coûts que la réforme va représenter par commune de la province, je
comprends qu'on ne les communique pas. Mais si ces chiffres existent, que
diable! Qu'attend-on pour les communiquer de façon à donner aux trente-huit
communes de la province de Namur l'information dont elles ont besoin?
Je suis convaincu qu'il vaut mieux arriver à une solution consensuelle
avec deux zones que de voir ensuite se multiplier, à la suite d'une décision
contestée et contestable, des recours en annulation qui, s'ils aboutissent,
mettront en péril la réforme en province de Namur.
06.02 André Frédéric (PS):
Monsieur le ministre, je souhaitais vous interroger très brièvement sur une
situation un peu particulière dans l'est de la Belgique pour laquelle j'ai été
alerté par les bourgmestres de Plombières, Welkenraedt et Baelen.
En effet, comme eux, j'ai pris connaissance de la décision du Conseil des
ministres du 23 octobre, relative à la fixation des zones de secours. Pour déterminer
celles-ci, vous disposiez d'un projet respectant pour toute la Belgique les
propositions des comités provinciaux et du comité national dans lequel je siège
par ailleurs, mais il semblerait qu'à la dernière minute vous ayez décidé de
vous écarter de ces propositions pour les seules communes de Plombières,
Welkenraedt et Baelen. Elles sont ainsi détachées de
la zone de secours comprenant les communes germanophones dans laquelle les
propositions des comités les maintenaient pour se retrouver rattachées contre
leur gré à la zone 4, c'est-à-dire celle de Verviers.
En date du 20 juin, les trois bourgmestres concernés avaient demandé
avec insistance le respect de la décision des communes et du comité provincial,
qui s'était prononcé le 13 mai avec l'aval de toutes les communes germanophones
en faveur d'une zone comportant ces trois communes et les communes
germanophones. Cette proposition fut entérinée en juillet par le comité
national.
Les bourgmestres de Plombières, Welkenraedt et Baelen
rappelaient que les services d'incendie de leurs communes travaillaient
essentiellement avec ceux des communes germanophones voisines – notamment Lontzen et La Calamine – en parfaite harmonie, voire avec
des perspectives d'intégration plus approfondies et qu'à cet effet, il
importait que ces services fussent des composantes d'une même zone. Ils
soulignaient que le critère linguistique invoqué par d'aucuns ne constituait en
rien un critère pertinent pour la constitution d'une zone de secours et ne
figurait nullement dans la loi et que les services d'incendie de Plombières et
Welkenraedt étaient déjà habitués à secourir des populations étrangères, dont
celles de nationalité allemande et ne parlant que l'allemand sans que cela
posât le moindre problème.
Les zones de secours constituent, en raison de la proximité géographique
évidente entre services d'incendie situés à un jet de pierre l'un de l'autre
par-dessus les frontières linguistiques bordées de maisons de part et d'autre,
une formidable occasion de collaboration, voire d'intégration, que cette
décision du Conseil des ministres vient d'anéantir.
Comme les bourgmestres des communes concernées, je sollicite la révision
de cette décision du 23 octobre lors de la seconde lecture de cet arrêté
annoncée par ailleurs pour résoudre d'autres problèmes.
06.03 Maxime Prévot (cdH): Monsieur le
ministre, je vais m'autoriser à abonder dans le sens des interventions de mes
deux collègues. L'une et l'autre – quoique s'intéressant à des zones
différentes, la première la province de Namur, la seconde celle de Liège –
montrent, à tout le moins, que la décision du 23 octobre est contestée par
plusieurs personnes, à ce stade, sur un plan seulement politique. Vous
conviendrez comme moi qu'il serait dommage qu'elle le soit juridiquement.
Malgré les propos rassurants quant à l'autonomie communale – qui vous
est chère, j'en suis sûr, monsieur le ministre – contenus dans les circulaires
diffusées avant les vacances, l'avant-projet d'arrêté royal maintient une zone
unique pour la province de Namur. Les bourgmestres des dix communes ayant
déposé une note de minorité – et je rappelle que ces dix communes représentent
60% de la population de la province – ont sollicité audience auprès de vous
sans recevoir le moindre accusé de réception, sauf erreur de ma part.
Nous restons déterminés et sommes désireux d'un vrai dialogue qui est
inexistant jusqu'à présent, il faut bien le reconnaître. Je ne doute pas
cependant que vous aurez la volonté de combler cette lacune dans les prochains
jours.
Mon collègue Claude Eerdekens, bourgmestre d'Andenne, a évoqué aussi des
interrogations sur la manière dont les informations ont été distillées auprès
des autorités communales, au sujet notamment des coûts de la réforme, selon les
options défendues: une zone monoprovinciale ou deux
zones. Rien ne semble avoir été communiqué aux représentants communaux. On peut
même se demander si les conseils se sont prononcés officiellement. En tout cas,
les uns et les autres ont posé des actes officiels qui pourraient certainement
justifier le gain d'un recours. Plusieurs bourgmestres ont déjà fait part de
leur volonté de déposer un recours si l'arrêté devait se confirmer, ce qui
devrait retarder d'autant la mise en place de la réforme, et comme je sais
qu'elle vous est chère, j'imagine que vous ne voudriez pas la voir traîner en
longueur mais la voir efficace et opérante dans les meilleurs délais.
Ne pouvons-nous dès lors envisager une concertation pour aboutir à une
solution de compromis, à l'instar de ce qui s'est fait dans certaines provinces
qui comptent plus de zones qu'une main n'a de doigts? J'ose espérer que ce
découpage répondait à des demandes et des aspirations locales, qu'on a été
attentif aux souhaits exprimés à travers l'exercice de l'autonomie communale et
que vous aurez la volonté d'agir dans le même sens, par principe d'équité, à
l'égard de la province de Namur. Merci d'avance pour vos éclaircissements et
vos encouragements dans les prochaines étapes.
06.04 Patrick Dewael, ministre: Monsieur le président, chers
collègues, au cours de sa séance du 23 octobre 2008, le Conseil des ministres a
approuvé la délimitation des zones de secours et cela après une phase de
consultations en deux temps. La première consultation a eu lieu pendant le
premier semestre 2008 au sein de comités consultatifs instaurés dans chaque
province. Ensuite, le comité consultatif national a formulé une proposition de
délimitation des zones sur la base des avis émis par les comités provinciaux.
Le projet d'arrêté royal approuvé par le Conseil des ministres est une
transposition exacte de cette proposition moyennant une seule modification: les
communes de Plombières, Welkenraedt et Baelen ont été
supprimées de la zone de secours 6 et sont ajoutées à la zone de secours 4.
Lors de la réunion du comité consultatif national, le gouverneur de la province
de Liège avait relayé l'inquiétude de la communauté germanophone pour qui la
constitution d'une zone mixte entraînerait une triple tutelle, fédérale,
régionale, wallonne et communautaire germanophone extrêmement complexe.
Pour la province de Namur, le comité consultatif national n'a pas voulu
confirmer la note de minorité des dix bourgmestres du nord-est de la province
de Namur.
En décidant de créer une zone unilingue, le
Conseil des ministres a souhaité répondre à cette inquiétude et éviter que la
zone de secours ne soit paralysée en raison de problèmes de tutelle.
Je rappelle tout d'abord que la réforme des services de secours non
policiers est une demande des hommes de terrain. Elle est, par ailleurs, rendue
nécessaire vu la désuétude de la réglementation et la nécessité d'adapter les
secours aux risques et besoins et actuels. Un des principes de base mis en
exergue par la commission Paulus est la nécessité de promouvoir l'augmentation
d'échelle, c'est-à-dire l'organisation des services d'incendie en réseau ce,
afin de pouvoir prévenir et gérer les catastrophes de grande ampleur afin
d'utiliser plus efficacement les moyens disponibles et d'offrir un meilleur
service.
L'objectif de la loi du 15 mai 2007 est de renforcer la sécurité du
citoyen par la création d'un réseau de postes d'incendie. La délimitation du
territoire n'a ni pour effet ni pour objectif de cloisonner les services
d'incendie entre eux. Elle ne porte pas non plus atteinte aux principes de
l'aide adéquate la plus rapide.
Le fait d'appartenir à des zones de secours différentes n'empêche
nullement les postes d'incendie de travailler ensemble sur le terrain. Les
zones de secours sont d'ailleurs encouragées à conclure des accords de
coopération visant à renforcer les liens nécessaires entre postes limitrophes,
même si les zones voisines font partie d'une autre Communauté.
En ce qui concerne l'aspect financier, mes services ont commandé une
étude relative au coût de l'installation des zones de secours et du personnel
administratif. L'objectif de cette étude était d'évaluer l'impact financier de
la réforme de la sécurité civile, compte tenu de trois scenarii basés sur la
taille relative de la zone. Les premiers résultats de cette étude réalisée par
la société Deloitte sont encourageants et démontrent
qu'en termes de chiffres absolus, l'économie d'échelle est optimale dans
l'hypothèse où le territoire de la zone de secours correspond à celui d'une
province. Les résultats de l'étude ne sont, toutefois, que parcellaires et
doivent être complétés et affinés avant toute autre utilisation.
Par lettre du 28 avril 2008, j'ai communiqué aux gouverneurs, avec une
copie aux bourgmestres: "(…) Je n'ai aucun problème à mettre à disposition
des comités provinciaux ce qui est déjà disponible auprès de mon
administration". L'étude précitée en faisait partie.
Lors de la réunion d'information organisée à l'attention du comité
consultatif provincial de la province de Namur, les résultats précités de
l'étude ont été communiqués par mes représentants. Une copie de l'étude a été
mise à la disposition du gouverneur en vue de sa communication aux
bourgmestres. Tel a également été le cas de différentes données financières
dont nous disposions, à savoir les conclusions de Deloitte
quant aux coûts de fonctionnement et d'investissement des services d'incendie
réalisés sur la base des comptes de 2002.
Le comité consultatif provincial, conformément à
l'article 3, §3, alinéa 4 de l'arrêté royal du 4 mars 2008 portant des
dispositions complémentaires relatives à la composition et au fonctionnement du
comité consultatif national des zones et des comités consultatifs provinciaux
des zones, a rendu un avis adopté à la majorité simple. Cet avis préconisait la
création d'une zone unique en province de Namur. Les notes de minorité établies
par les membres du comité en désaccord avec cette option ont été communiquées
au comité national, lequel a cependant retenu l'avis majoritaire émis. Cet avis
a servi de base pour l'arrêté royal qui a été approuvé au Conseil des ministres
et envoyé pour avis au Conseil d'État.
Chaque étape de la procédure est respectée et les personnes qui veulent
introduire des recours n'ont aucune base légale. En vue d'établir le ratio entre
les moyens des autorités communales et de l'État fédéral, prévu à l'article 67
de la loi du 15 mai 2007 relative à la sécurité civile, une circulaire a été
adressée aux gouverneurs au mois de juin 2008, leur demandant de rassembler les
données de comptes communaux relatives aux dépenses et aux revenus afférents
aux services d'incendie communaux par le biais d'un formulaire standardisé.
L'analyse de ces données permettra d'établir les postes des revenus et
des dépenses qui entrent en ligne de compte pour calculer le ratio précité. Le
formulaire précité permettra également de comptabiliser le personnel
opérationnel de chaque service d'incendie en fonction de son grade ainsi que le
personnel administratif des communes accomplissant des tâches pour le service
d'incendie en termes d'équivalents temps-plein.
Mes services analysent actuellement les formulaires rentrés. Toutefois,
à ce jour, certaines communes n'ont toujours pas renvoyé le leur et d'autres
ont renvoyé des formulaires incomplets.
Des estimations financières seront possibles dès que les données
contenues dans les formulaires auront été analysées et injectées dans des
formules de calcul afin de fournir, dès que possible, des simulations
chiffrées. Par ailleurs, mes services ont demandé à la société Experian d'adapter le logiciel d'analyse et de couverture
des risques. L'adaptation en question permettra une utilisation plus fine du
logiciel et des simulations poussées, lesquelles fourniront une aide non
négligeable lors du calcul de l'impact financier de la réforme.
Je ne manquerai pas de communiquer ces simulations dès qu'elles seront
prêtes.
06.05 Claude Eerdekens (PS):
Monsieur le ministre, je reste sur ma faim. Votre réponse ne me satisfait pas
dans la mesure où, contrairement à ce que vous avez déclaré - je ne doute pas
de votre bonne foi -, nous n'avons pas reçu les informations annoncées. Je
dispose ici d'un mail du 20 mai 2008 du collaborateur de M. le gouverneur de la
province de Namur, qui m'informe "qu'il est manifestement impossible de
vous transmettre par mail le rapport que nous a communiqué le SPF Intérieur
concernant l'étude d'analyse des risques, vu la taille de ce fichier."
Celui-ci aurait aussi pu être imprimé et transmis par voie postale. Quand on
n'a pas les documents, on ne les a pas. Et cela ne concerne que l'étude
d'analyse des risques.
En ce qui concerne la simulation du coût par commune, suivant les
hypothèses d'une zone unique avec le coût pour les trente-huit communes, ou de
deux zones, avec dix communes au nord et vingt-huit au sud et à l'ouest, cette
étude ne me semble pas exister. Il est impossible d'obtenir ces chiffres. Je
multiplie les lettres recommandées à l'intention de M. le gouverneur afin
d'obtenir ces précisions. C'est mission impossible.
Nous, à savoir un certain nombre de bourgmestres du nord et du nord-est
de la province, pensons qu'une plus grande zone n'implique pas une économie
d'échelle. Le personnel de la ville de Namur qui est affecté au service
d'incendie, dont dépendent Namur et deux ou trois communes affiliées, pourrait
être transféré à la future zone de dix communes, de même que le personnel qui
travaille à Gembloux, Éghezée et Andenne. Il n'y aurait donc pas de charge de
personnel supplémentaire, tandis que dans l'hypothèse d'une zone mono-provinciale,
il faudrait créer une nouvelle administration, ce qui entraînerait des
surcoûts.
06.06 André Frédéric (PS):
Monsieur le ministre, je n'ai pas pour habitude de vous contredire, mais votre
réponse ne me satisfait pas du tout. L'intégration des trois communes
concernées - Plombières, Welkenraedt et Baelen - a
été organisée à la demande de celles-ci, avec l'accord unanime des communes
germanophones. Le comité provincial a soutenu cette option sans réticence
aucune. En juillet, le comité national dans lequel je siège n'a jamais fait
allusion à quelque difficulté particulière concernant cette collaboration avec
la Communauté germanophone. Si on examine le procès-verbal, cela m'étonnerait
que l'on y trouve la moindre allusion.
Le dispositif de concertation est arrivé à la conclusion d'associer ces
trois communes à la Communauté germanophone. Subitement, le gouverneur
manifesterait des difficultés auxquelles on n'aurait jamais fait allusion
précédemment.
Voilà une manière de fonctionner qui me paraît
assez dommageable. À quoi sert-il de consulter pendant des heures des
bourgmestres, bien informés de la réalité de la sécurité civile au quotidien
sur leurs territoires, pour qu'ensuite, sur intervention d'un gouverneur, tout
est subitement modifié. Je vous demande de vous montrer extrêmement attentif.
Je ne dis pas que le gouverneur a complètement tort, puisque je ne vis
pas sur ce terrain, mais il me semblerait à tout le moins intéressant, avant
toute décision définitive, que le ministre de l'Intérieur – ou ses
services – rencontrât les trois bourgmestres concernés, avec des
représentants de la Communauté germanophone, pour ne pas avoir à regretter
ultérieurement une erreur d'appréciation sur base d'informations arrivant assez
tardivement.
06.07 Maxime Prévot (cdH): Monsieur le
président, monsieur le ministre, vous m'excuserez de devoir me placer dans la
même foulée que mes deux collègues pour regretter la forme, mais principalement
le fond de votre réponse.
En effet, j'ai pris bonne note que le Comité national n'avait pas jugé
bon de réserver une suite favorable à la motion minoritaire à l'égard de la
province de Namur. Il m'intéresserait de savoir pour quel motif s'est-elle
arrogée le droit d'ainsi procéder et de juger, sans doute d'un revers de main,
qu'il n'y avait pas lieu de considérer avec une attention particulière cette
motion. Pour rappel, la motion vise quand même 60% de la population de la
province; elle n'est donc pas anodine.
Je regrette, sauf à me tromper, de ne pas avoir entendu que vous étiez
toujours, malgré tout, en situation d'écoute et disposé à ouvrir votre porte à
cette dizaine de bourgmestres demandeurs depuis quelques mois, en vain jusqu'à
présent, de vous rencontrer aux fins de vous exposer leur point de vue. Sauf erreur,
vous conservez une capacité…
Président: André Frédéric.
Voorzitter: André Frédéric.
06.08 Patrick Dewael, ministre: Monsieur Prévot,
vous vous imaginez que je les écoute, vous vous imaginez que je me suis rendu
sur place? J'ai fait le tour de chaque province, j'ai rencontré les
bourgmestres de la province de Namur. Vous vous imaginez que j'ai respecté
toutes les procédures prévues, vous vous imaginez qu'il y a eu un avis
provincial et un avis d'un conseil national? Vous posez une question et, tout à
coup, après toutes ces consultations et le respect absolu d'un principe de
subsidiarité, vous croyez que je vous dirai que je change tout? Parce que
M. Prévot, tellement sympathique, me pose une
question, tout ce qui a été fait dans la phase préparatoire est jeté à la
poubelle?
Il n'y a pas eu d'avis d'un conseil consultatif.
Une réunion avec tous les ministres et bourgmestres n'a pas eu lieu sur place.
Il n'a fait aucun effort. Donc, je jette le tout à la poubelle!
Monsieur Prévot, la démocratie, c'est le
respect des procédures prévues! On consulte les bourgmestres, on organise des
conseils consultatifs provinciaux, on demande un avis à un conseil national et,
ensuite, on en rigole! Monsieur Prévot, on en rigole
et on jette le tout à la poubelle! Moi, je prends cela au sérieux. Vous pas!
Vous dites qu'il y a de nouveaux arguments mais, à un moment donné,
après consultation, il faut prendre une décision. C'est ce que le Conseil des
ministres a fait. Il a tout à fait approuvé l'avis du conseil national, à
l'exception des trois communes citées par votre président qui préside à nouveau
la Commission. Selon le gouverneur, organiser la tutelle de façon triple
(fédérale, régionale et communautaire) est trop complexe.
Je vais demander au gouverneur de rencontrer les trois bourgmestres pour
voir ce qu'il en est. En tout cas, après première lecture au Conseil des
ministres, l'arrêté royal a été envoyé au Conseil d'État. Il revient ensuite au
Conseil des ministres. Je ferai cet exercice-là par le biais du gouverneur. Par
contre, je ne veux pas revenir sur le tout et le jeter à la poubelle à la suite
d'une question. Ce n'est pas correct vis-à-vis de tous les bourgmestres qui
sont venus se défendre et présenter leurs arguments. Si je vous suis, tous les
autres viendront me demander des comptes.
Ils ont effectivement voté au sein d'un comité provincial.
06.09 Maxime Prévot (cdH): Sans avoir d'information sur les
chiffes!
06.10
Patrick Dewael, ministre: Le comité
national a lui aussi donné un avis. Je demande un peu de respect pour le
principe de subsidiarité! Est-ce envisageable?
06.11 Maxime Prévot (cdH): Monsieur le
ministre, je sens que le fait que j'ose poser la question ne vous plaît pas. Ce
n'est pas la première fois…
06.12 Patrick Dewael, ministre: C'est surtout la réponse qui ne vous
plaît pas!
06.13 Maxime Prévot (cdH): Je sais que
vous tenez au respect des principes démocratiques sur lesquels vous venez de me
donner une petite leçon. Vous appréciez le faire et vous l'avez déjà fait dans
d'autres circonstances. J'en garde d'ailleurs un excellent souvenir bien
amical!
Toujours est-il que le principe démocratique est de me permettre aussi
de dire que je ne suis pas nécessairement satisfait de votre réponse.
En l'occurrence, je suis surpris qu'on ait sollicité un positionnement
des communes alors qu'elles ne disposaient pas de l'impact chiffré. Vous nous
confirmez qu'on est en train de faire des études pour voir quel serait l'impact
financier pour les communes des différentes options en cours. On leur
procurerait donc cette information a posteriori plutôt que de les en avoir
informé a priori, ce qui leur aurait permis de prendre position en connaissance
de cause.
Au demeurant, je ne pense pas m'asseoir sur les principes démocratiques
et le respect des démarches qui ont été les vôtres en rappelant aussi qu'un
avis n'est pas toujours contraignant et que vous conservez donc une capacité
d'appréciation par rapport à cet avis qui vous a été rendu. Il m'intéresserait
de savoir les motifs pour lesquels on n'a pas jugé bon ne fût-ce que de porter
attention à cette motion au sein du comité national.
Je sais que vous vous êtes déplacé et que vous avez pu rencontrer, place
Saint Aubain au sein du palais provincial de Namur, les différentes bourgmestres
de la province en écoutant les uns et les autres, mais antérieurement à la
phase de prise de décisions de cette motion minoritaire. Mon souhait était
simplement de voir si vous pouviez à nouveau les rencontrer et écouter leurs
doléances, avant une décision finale. Je prends note que ce n'est pas votre
choix. Je le regrette mais les choses sont claires.