Commission de l’Intérieur du 27 mai 2009

 

Question au ministre de l'Intérieur sur "les taux de radon mesurés dans des habitations des  communes de Stavelot, Butgenbach, Malmedy et Saint-Vith"

 

André Frédéric (PS): Monsieur le ministre, nous avons appris le lundi 18 mai que d'importants taux de radon ont été détectés par l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) dans des habitations
des communes de Stavelot, Bütgenbach, Malmedy et Saint-Vith, soit à l'est de la Belgique. Le radon est un gaz radioactif présent naturellement qui, en cas d'exposition prolongée, peut provoquer des
cancers du poumon.

 

En octobre dernier, 564 habitants des quatre communes ont répondu positivement à l'appel lancé par l'Agence fédérale en vue de mesurer la concentration de radon dans leur habitation. Les résultats de ces analyses apparaissent fort inquiétants pour nos concitoyens vivant dans ces communes.

 

Monsieur le ministre, pouvez-vous nous détailler précisément les résultats des analyses menées par l'Agence ? Quels risques les taux de radon relevés font-ils peser sur les populations ?

Quelles sont les mesures qui ont été prises afin de sensibiliser la population à ces dangers ? Quelles mesures d'assainissement peuvent-elles être prises afin de protéger nos concitoyens ?

 

Par ailleurs, j'ai appris que l'Agence préparait aussi des actions dans les provinces de Namur et du Hainaut. Pouvez-vous nous détailler ces mesures ?

 

Enfin, quelles mesures sont-elles envisagées à l'avenir afin d'aborder la question du radon de manière plus structurelle et en fonction des besoins de la population ?

 

Guido De Padt, ministre: Monsieur le président, chers collègues, à la suite de la campagne nationale radon réalisée dans la période 1995-2000, certaines régions de Belgique ont été classées
comme des zones à risque radon. Il s'agit des arrondissements de Verviers, Bastogne et Neufchâteau, dans les provinces de Luxembourg et de Liège où plus de 10% des mesures de l'air à l'intérieur des maisons dépassent le niveau d'action de 400 Bq radon/m3.

 

Suite à cela, l'AFCN a mené régulièrement des campagnes de sensibilisation en collaboration avec les autorités de la province de Luxembourg et des communes concernées. Il s'agit d'information, de
dépistage, de remédiation et de prévention.

 

À partir de 2005 et dans le cadre du nouveau plan d'action radon, des campagnes de dépistage détaillées, à raison de 8 par an, ont été organisées dans les trente-deux communes les plus affectées, qui se trouvent toutes dans les trois arrondissements déjà cités. Les quatre communes mesurées en 2008-2009 font partie de cette campagne détaillée. Les résultats obtenus sont comparables à ceux
trouvés dans les autres communes à risque; ils montrent que 33% des maisons mesurées dépassent le niveau de 200 Bq/m3 et 14% des maisons le niveau de 400 Bq/m3. Cela est nettement plus que la

moyenne pour la Belgique et pour la Région wallonne, ce qui justifie la prise d'actions préventives pour les nouvelles constructions et des actions correctives pour les maisons affectées.

Le communiqué de presse du 18 mai de l'Agence fait partie de la stratégie de sensibilisation de la population. Sur le site web de l'Agence, une information détaillée sur le risque du radon dans les
communes en Belgique peut être trouvée avec une carte interactive.

En ce qui concerne le fait de savoir si l'exposition pendant plusieurs années à des taux de radon élevés augmente le risque de cancer pulmonaire, il convient de dire que ce risque augmente avec la
concentration: un taux de 400 Bq/m3 augmente ce risque de 60% et le risque de cancer dû au radon est encore plus élevé pour les fumeurs. Il n'y a pas de concentration sans risque.

 

Quant au plan d'action radon de l'Agence, il prévoit des outils de sensibilisation, d'information et d'aide à la population pour des actions correctives et préventives. Il s'agit de publications de brochures, du site web détaillé avec la carte interactive des classes de risques radon, de formations pour les professionnels de la construction, de soirées d'information pour la population dans les zones à risque et de campagnes de dépistage radon dans les communes à risque.

Dans les régions affectées, la prévention radon consiste en la promotion d'actions préventives pour les nouvelles constructions comme, par exemple, l'installation d'une couche perméable
recouverte d'une barrière étanche entre la dalle et le sol.

Dans les bâtiments existants, les actions correctives proposées visent à rendre étanche l'interface entre le sol et le bâtiment ou entre les caves et le rez-de-chaussée ainsi qu'une éventuelle ventilation de la cave, du vide ventilé s'il existe, ou encore des pièces habitées.

Des campagnes de mesure de radon dans les deux communes à risque de la province de Namur sont actuellement en préparation en collaboration avec la province. Les mesures envisagées et les actions
d'assainissement sont identiques à celles que j'ai déjà décrites. De plus amples informations à ce sujet sont disponibles sur le site web de l'Agence.

 

La problématique du radon est gérée par l'Agence dans le cadre de la réglementation contre les dangers des rayonnements ionisants. Le plan d'action radon a comme objectif à long terme de maintenir l'exposition radon de la population de la Flandre et de Bruxelles au niveau actuel et de tendre vers cette situation pour la Wallonie.

Pour diminuer l'exposition au radon, des actions préventives et correctives sont indispensables. L'Agence identifie les zones affectées et contrôle la concentration en radon dans les bâtiments
situés à l'intérieur de ces zones. Elle promeut des actions et des mesures en collaboration étroite avec les autorités régionales, provinciales et communales. À l'exception des deux communes de la
province de Namur, toutes les administrations des communes à risque ont été contactées. Les communes concernées sont encouragées à informer les personnes qui vont construire quant aux
risques du radon dans leur commune et ce, au moyen de brochures.
Des actions préventives et correctives sont recommandées.