COMMISSION DE L'INFRASTRUCTURE, DES  COMMUNICATIONS ET DES ENTREPRISES PUBLIQUES (22-05-2006)

 

Question orale à Monsieur Bruno TUYBENS, Secrétaire d’Etat des Entreprises publiques, à propos de la réalisation des maillons manquants sur la ligne à grande vitesse entre la frontière belge et Cologne.

 

André FREDERIC : Le 15 décembre 2007, on devrait assister au lancement commercial du tronçon TGV en site propre entre Liège et Aix-La-Chapelle. Il s’agit d’un investissement d’environ 1 milliard d’euros.

 

A cette date, la Belgique aura parfaitement réalisé ses obligations de la frontière française à la frontière allemande pour cette ligne qui relie Paris à Francfort en passant par Bruxelles et Liège. Le TGV permettra de réaliser le trajet Bruxelles-Cologne via Liège en 1h41 au lieu de 2h18 actuellement.

 

Si nous respectons nos engagements en termes d’investissements et de délais, certains bruits alarmants font état de possibles problèmes sur le réseau allemand.

 

C'est dans le premier tronçon de ce parcours à grande vitesse, de la frontière belge vers Cologne (76 km en tout) que le bouchon risque de se former si rien ne change. Dans les 7 premiers kilomètres vers Aix-la-Chapelle, un tunnel à double voie de 755 mètres pose problème. Le tunnel de Busch est en effet vétuste et la circulation ne peut s'y effectuer qu'à 40 kilomètres/heure.

 

Les Allemands ont commencé à construire, en parallèle au tunnel, un pertuis à voie unique. Dans la foulée,   le vieux tunnel devait être remis à neuf, ce qui aurait permis une circulation à double sens, plus le pertuis à voie unique.

 

Selon certaines informations, la Deutsche Bahn aurait abandonné ce projet et il faudrait donc se contenter du pertuis parallèle et de sa voie unique, où vont se retrouver, sur un tronçon d'environ un kilomètre, non seulement les lignes traditionnelles de voyageurs, mais aussi les trains de marchandises et les trains à grande vitesse. Pour l'instant, la ligne compte le passage de quatre trains par heure. En cas d’incident, même mineur, tout le réseau à grande vitesse entre Bruxelles et Cologne sera perturbé.

 

Cette ligne Paris-Bruxelles-Cologne-Francfort risque de perdre son attrait par rapport à la nouvelle ligne Paris-Strasbourg-Francfort. La nouvelle gare de Liège risque également d'être une gare terminus de la grande vitesse au lieu d'être un arrêt important sur le tronçon européen.

 

Avez-vous des informations précises à ce sujet ?

Le Gouvernement belge peut-il insister auprès des autorités allemandes pour que les engagements pris soient respectés ?

                                                                                                         

Bruno Tuybens, secrétaire d'État: Monsieur le président, messieurs, en septembre

1988, les ministres des Transports de France, de Belgique, d'Allemagne et des Pays-Bas ont convenu d'engager conjointement la construction d'un réseau à grande vitesse entre Paris,

Bruxelles, Amsterdam et Cologne. Chaque Etat restait maître des travaux à réaliser sur son territoire mais les sociétés ferroviaires, intégrées à l'époque, devaient conclure des contrats de répartition des coûts et recettes encourageant la réalisation des travaux annoncés. Un protocole d'accord fut ainsi conclu le 28 janvier 1993 entre les quatre réseaux.

 

L'existence d'un tronçon à voie unique pendant plusieurs années à hauteur du tunnel de Busch constitue une contrainte pour la confection des horaires et une source de fragilisation de l'exploitation en cas d'incident. Par contre, l'allongement du temps de parcours inhérent à l'existence du tronçon à voie unique est limité à plus ou moins une minute et la capacité intrinsèque du tronçon est tout à fait compatible avec le nombre maximum de trains appelés à y circuler chaque heure, soit quatre trains.

L'incidence réelle sur le trafic sera donc assez limitée. Néanmoins, nous ferons les démarches nécessaires pour faire avancer l'assainissement du vieux tunnel. Infrabel rencontrera très prochainement, à haut niveau, son homologue allemand, DB Netz, pour le sensibiliser à la problématique et obtenir une action de sa part à l'égard de ses autorités de tutelle.

Personnellement, je planifie aussi une rencontre à brève échéance avec le ministre fédéral allemand des Transports, Herrn Tiefensee.

En décembre 2007, la ligne à grande vitesse Liège-frontière allemande sera prête à accueillir tous les convois aptes à y circuler. L'infrastructure disponible à hauteur du tunnel de Busch n'a aucun impact sur le calendrier de mise en service de la ligne à grande vitesse Liège-frontière allemande.

Quant à la mise en service des trains à grande vitesse Thalys entre Liège et Aachen, celle-ci dépend de la réalisation, en temps utile, de l'installation de l'équipement ERTMS à bord des rames en question. Le planning de ces travaux n'étant pas encore fixé définitivement, il n'est pas encore possible de fixer la date précise à laquelle ces Thalys seront capables d'utiliser cette nouvelle infrastructure. Un lancement du service commercial dans le courant de l'année 2008 est plus réaliste.

 

André Frédéric : Dans votre réponse, vous avez parlé d'une rencontre entre Infrabel et la Deutsche Bahn, d'une part, et le ministre des Transports allemand et vous-même, d'autre part.

Peut-on savoir dans quel délai ces réunions sont-elles prévues? Un agenda est-il fixé? Pourrons-nous obtenir leur compte-rendu dès que possible ?

 

Bruno Tuybens, secrétaire d'État: En ce qui me concerne, ce sera avant la fin du mois de juin. Pour Infrabel, j'imagine que cette réunion se tiendra dans les prochaines semaines.

   

L'incident est clos.